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Soutenance

Soutenance de thèse d'Iris Brouillaud-Velleret

Le lundi 29 juin 2026, Iris Brouillaud-Velleret soutiendra sa thèse de doctorat intitulée :

"Le relativisme, conséquence indésirable du linguistic turn ?"

Jury :

  • Valérie Aucouturier, Professeure à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles
  • Jocelyn Benoist, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Dimitri El Murr, Professeur à l’Ecole Normale Supérieure
  • Laurent Jaffro, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Elise Marrou, Maîtresse de Conférences à l’Université Paris-Sorbonne
  • Olivier Tinland, Professeur à l’Université de Montpellier Paul-Valéry

Résumé : 

L’héritage critique du linguistic turn a contribué à plus d’un titre à réouvrir les discussions philosophiques sur le relativisme en réexaminant le bien-fondé des arguments d’auto-réfutation prononcés à son encontre, ces derniers faisant souvent appel aux conditions de l’assertion, de la traduction et du dialogue. Le relativisme se trouve écartelé entre une assignation à un rôle de repoussoir, la tentative ou la tentation d’en faire une position philosophique à part entière et la tension non résolue que comporte l’usage du terme en rapport avec d’autre -ismes du champ philosophique contemporain.

Nous présentons plusieurs manières dont certaines philosophies du linguistic turn ou issues de son héritage ont proposé de traiter de cette tension en réintégrant un certain type de relativisme ou d’interrogation sur le relativisme au champ philosophique. Ainsi, trois formes d’une telle réintégration, médiées par un certain rapport à l’héritage du linguistic turn sont examinées : une position sémantique (discutée dans la première partie au sujet du « nouveau relativisme » aléthique) qui conduit à envisager les limites de plusieurs arguments traditionnels d’auto-réfutation présentés contre le relativisme aléthique, que l’on s’accorde souvent à faire remonter au Théétète de Platon ; une attitude adoptée au sujet de « la vie que nous menons avec nos concepts » (pour reprendre une expression de Putnam), oscillant entre l’aliénation suscitée par une mauvaise compréhension de cette dernière et une juste reconnaissance d’une ou des formes de pluralité conceptuelle (discutée dans la deuxième partie sur le « relativisme conceptuel »); enfin une attitude métaphilosophique aux retombées éthiques et politiques, qui tire les enseignements de l’échec du linguistic turn dans sa volonté initiale de promouvoir une seule bonne méthode en philosophie (discutée dans la troisième partie de la thèse en rapport avec un réexamen du « relativisme » anti-représentationaliste, anti-fondationaliste et anti-fondamentaliste de Rorty). Les formes de relativisme dont il est question sont évaluées autant en termes de cohérence interne qu’à l’aune de leurs motivations et de leurs conséquences. Il s’agit ce faisant de contribuer à éclaircir et fluidifier les discussions philosophiques contemporaines sur le relativisme en remédiant à plusieurs crispations qui les parasitent.

Mots-clés : relativisme, tournant linguistique, auto-réfutation, vérité, nouveau relativisme, contextualisme, incommensurabilité, métaphilosophie, éthique de la controverse, démocratie

Summary
The legacy of the linguistic turn has contributed in many ways to reopening philosophical discussions on relativism by reexamining the validity of the self-refuting arguments levelled against it, those being supposedly linked to the very conditions of assertion, translation, or dialogue. Relativism thus finds itself torn apart between being a foil, being a philosophical position in its own right, and the unresolved tension in the term’s status in relation to other philosophical -isms.
Our work examines several ways in which some philosophies of the linguistic turn or stemming from its legacy have dealt with this tension by reintegrating a certain type of relativism or inquiry into relativism within the philosophical field. Three forms of such proposals are examined: a semantic position (“new alethic relativism”); an attitude both of recognition and of alienation concerning our concepts (discussed in the second part regarding “conceptual relativism”); finally, a metaphilosophical stance that draws lessons from the failure of the ‘‘linguistic turn’’ in its initial attempt to promote a single “correct” method in philosophy (discussed in the third part of the thesis in connection with a reexamination of Rorty’s “relativism”). The forms of relativism under consideration are evaluated both in terms of internal coherence and in light of their motivations and consequences. The thesis aims at clarifying and resolving certain tensions that hinder discussions on relativism.
 

Keywords : relativism, linguistic turn, self-refutation, truth, new relativism, contextualism, incommensurability, metaphilosophy, ethics of controversy, democracy