Soutenance de thèse de Magueye Thioub
Vendredi 13 novembre 2026, Magueye Thioub, doctorant au Centre d'Étude des Techniques, des Connaissances et des Pratiques (Cetcopra) soutiendra sa thèse de doctorat en sociologie, intitulée :
"Archéologie d'une technique : la fonderie d'aluminium au Sénégal, de l'industrie à l'artisanat (1930 à nos jours)"
Direction : Thierry Pillon, professeur des universités en sociologie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
La soutenance sera suivie d’un pot à 16h30 dans la salle 53 du Panthéon.
Si vous souhaitez assister à la soutenance, merci de bien vouloir contacter Magueye Thioub avant le 11 novembre 2026, par mail à cette adresse : magueye.thioub1@etu.univ-paris1.fr
Merci également de bien vouloir confirmer votre présence au pot avant le 12 novembre 2026.
Composition du jury :
- Jean-Bernard OUEDRAOGO. Directeur de recherche en anthropologie – CNRS -LAP
- Marco BERTILORENZO. Professeur d’histoire économique Université de Padou (Rapporteur).
- Moustapha SALL. Professeur d’archéologie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
- Valérie SOUFFRON. Maitresse de conférences en sociologie, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
- Yann Philippe TASTEVIN. Chargé de Recherche en anthropologie CNRS- LISST-Cers.
Résumé :
L’historiographie africaine a pendant longtemps conféré à la colonisation la responsabilité de la régression des sociétés traditionnelles. C’est ainsi que les groupes sociaux qui détenaient le monopole des activités artisanales auraient subi de plein fouet la pénétration coloniale avec l’introduction de nouveaux objets ainsi que de nouvelles technologies. Toutefois, cette lecture scientifique doit être nuancée. Car une grande majorité des artisans a su développer des stratégies de résistance et d’adaptation pour faire face au système colonial. C’est le cas d’une catégorie d’artisans qui s’est distinguée dans la fonderie artisanale d’aluminium, notamment au cours de la Seconde Guerre mondiale et s’est répandue dans toute l’Afrique. La technique de la fonderie artisanale se caractérise par l’emploi de la technique du moulage dite « au sable vert » et l’utilisation des objets en aluminium en fin de vie pour la fabrication d’ustensiles de cuisine et d’autres pièces de rechange. Dans cette activité, la transmission du savoir-faire technique se réalise principalement par l’apprentissage à l’oralité, imitation et par observation. Elle se déroule souvent au sein de l’atelier et parfois au sein de réseaux de parenté ou de proximité géographique comme les fondeurs Seereer Ndut et les forgerons Wolof.
Cette thèse en socio-anthropologie porte sur l’« archéologie d’une technique : la fonderie d’aluminium au Sénégal, de l’industrie à l’artisanat de 1930 à nos jours », étudie l’histoire de la fonderie en retraçant de manière chronologique et analytique ses mutations dans le temps long et les dynamiques historiques, sociologiques, politiques et économiques qui ont permis son maintien sur plusieurs années, puis les causes de sa réadaptation dans la sphère artisanale. Elle essaye de comprendre comment ce savoir-faire est passé d’une condition de production industrielle à une condition artisanale, en combinant des perspectives socio-anthropologique et historique des techniques. Cette thèse met l’accent sur l’organisation socio-économique du secteur, sa structuration, ses liens avec l’industrie, le secteur informel, l’artisanat et ses rapports avec l’extérieur.
Pour ce faire, un vaste corpus de sources a été mis en place, mobilisant les archives produites par l’administration coloniale sur les anciennes fonderies, les archives des entreprises ainsi qu’une variété de documents sur l’industrialisation du Sénégal. Ce corpus a été complété par des données empiriques. Ces approches méthodologiques ont permis d’analyser les transformations de la fonderie dans leur contexte historique, en prenant en compte des dynamiques sociales, économiques, environnementales et culturelles. L’inconfort de cette position a été en partie complétée par le recours systématique au film, utilisé comme outil pour comprendre l’activité et le faire appréhender.
L’ossature de cette thèse est organisée ainsi : la première partie traite la genèse historique de la fonderie, la deuxième partie analyse son ancrage socio-économique et ses pratiques techniques actuelles et la troisième partie étudie les circuits de diffusion des objets ainsi que les enjeux patrimoniaux et professionnels.
Les mots-clés :
Fonderie, Technique, Artisanat, Savoir-faire, Transmission, Apprentissage, Aluminium, Fonte, Industrie, Tourisme, Patrimoine.