Les scènes de Jacques Rancière
Colloque international
(15-16-17 octobre 2026)
org. Judith Revel, univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne/ISJPS et IUF ,Fabienne Brugère, univ. Paris 8/LLCP, et Dork Zabunyan, univ. Paris 8/ESTCA
Comité scientifique: Judith Revel (Paris 1/ISJPS), Philippe Büttgen (Paris 1/ISJPS), Fabienne Brugère (Paris 8/LLCP), Frédéric Rambeau (Paris 8/LLCP)
Comité d’organisation: Judith Revel, Fabienne Brugère, Dork Zabunyan, Adama Ouattara-Sanz, Hervé Nicolle, Yingni Li
Argumentaire :
L’idée de consacrer un colloque à Jacques Rancière, figure majeure de la pensée française contemporaine, nous accompagne depuis longtemps, elle est un sujet d’échanges continués avec le philosophe, qui a accepté d’en être et de nous accompagner dans la construction de ces trois journées.
Notre souci premier a été de ne pas concevoir ces journées comme l’érection d’un “monument”: le travail de Rancière nous semblait en effet, plus que tout autre, l'opposé de toute logique auto-célébratoire. De la même manière, une approche exclusivement académique, ne saisissant l’intensité de ce travail qu’à partir de sa réinsertion dans le grand paysage de la philosophie française contemporaine de la seconde moitié du XXe siècle et du premier quart du XXIe siècle, faisait courir le danger d’effacer les tensions et les enjeux politiques qui n’ont jamais cessé d’en sous-tendre et d’en nourrir la réflexion.
Nous sommes donc parties de la volonté d’organiser autre chose : déployer des "scènes" - terme ranciérien s’il en est - et décliner celles-ci de manière à ne pas partager artificiellement plus d’un demi-siècle de travaux en des "moments" distincts, mais restituer au contraire toute une série d’empiètements dont les travaux de Jacques Rancière témoignent à leur façon.
Nous avons par conséquent décidé de proposer aux intervenants une seule et unique contrainte de départ : lire Rancière à partir de /à la lumière de la définition que celui-ci donne précisément de ce que c'est qu'une "scène".
En guise de point de départ, deux citations – il y en aurait sans doute d’autres, mais celles-ci nous sont chères :
"La scène n'est pas l'illustration d'une idée. Elle est une petite machine optique qui nous montre la pensée occupée à tisser les liens unissant des perceptions, des affects, des noms et des idées, à constituer la communauté sensible que ces liens tissent et la communauté intellectuelle qui rend le tissage pensable". Aisthesis. Scènes du régime esthétique de l’art, Galilée, 2011
"La Nuit des prolétaires était déjà faite de scènes : un regard à travers la fenêtre, une rencontre manquée entre deux personnes, le récit d’un dimanche à la campagne qui témoignent en même temps de la réalité matérielle d’une séparation des formes d’expérience et de l’effort pour la transgresser, pour entrer dans un autre monde en reconfigurant un univers sensible. La scène est l’opérateur qui permet de comprendre un monde à partir du conflit sur ce bord qui sépare ce qui est dedans et ce qui est dehors, ce qui « existe » de ce qui « n’existe pas », ce qui fait sens de ce qui ne le fait pas” (Critique, n° 881, 2020/10: “Jacques Rancière. Scènes des temps modernes”, entretien avec F. Brugère).
Les participantes et les participants ont, toutes et tous, accepté la règle du jeu.
Programme à venir
Participants :
Bernard Aspe (Collège International de Philosophie – CIPh)
Antonia Birnbaum (université Paris 8/LLCP)
Azucena G. Blanco (université de Grenade, Espagne)
Fabienne Brugère (université Paris 8/LLCP)
Alison Bouffet (université Paris Cité)
Georges Didi-Huberman (EHESS)
Elise Domenach (Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière)
Stéphane Douailler (université Paris 8/LLCP)
Elie During (université Paris Nanterre/IRePh)
Anders Fjeld (Kulturakademiet, Norvège)
Geneviève Fraisse (CNRS/CRAL-EHESS)
Bérénice Hamidi (université Lyon 2)
Elise Huchet (université Paris Cité)
Pedro Hussak (Universidade Federal Rural do Rio de Janeiro, Brésil)
Laurent Jeanpierre (université Paris 1/CESSP)
Sébastien Laoureux (université de Namur, Belgique)
Sandra Laugier (université Paris 1/ISJPS)
Yingni Li (doctorante, université Paris 8/LLCP)
Hervé Nicolle (doctorant, université Paris 1/ISJPS)
Lorena Souyris Oporto (université Paris 8/LLCP)
Adama Ouattara-Sanz (doctorant, université Paris Nanterre)
Mathieu Potte-Bonneville (Centre Pompidou/ENS Lyon)
Jacques Rancière (université Paris 8/LLCP)
Judith Revel (université Paris 1/ISJPS)
Alfredo Sanchez (post-doc Paris 8/LLCP)
Oana Serban (université de Bucarest)
Lorena Souyris Oportot (université de Rio de Janeiro)
Bernd Stiegler (université de Constance)
Dork Zabunyan (université Paris 8/ESTCA)
Lieu et dates :
Le colloque commencera à l’université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis le jeudi 15 octobre (9h30h-18h), se poursuivra à l’Institut d’Etudes Avancées de Paris le vendredi 16 octobre (9h30-17h30), et se conclura à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne le 17 octobre (9h30-18h)