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Journée d'étude

La métaphore : créativité, inventivité, ingéniosité

 

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre d'histoire des philosophies modernes de la Sorbonne (UR1451)

Journée d’étude organisée par Éric Marquer et Isabelle Pariente

Présentation
Une des marques de l’activité de l’esprit humain est de parvenir à penser des situations nouvelles avec des concepts dont il dispose déjà, et de parvenir à les dire avec des vocables qui sont déjà à sa disposition dans le langage, et qui, les uns comme les autres, préexistent à toute son expérience. Un des enjeux est donc, très globalement, pour se rapprocher de son mode de fonctionnement, de comprendre comment il est possible à l'esprit de faire du neuf avec de l’ancien. Dans le cadre du problème général ainsi déterminé, il est manifeste que la métaphore joue un rôle particulier. En effet, elle permet un déplacement, un transfert, comme la définit Aristote dans la Rhétorique ; elle déroge ainsi à des emplois fixes et rigidifiés du langage et contribue à l’ouverture du champ des possibles.
Nous nous intéresserons à ce par quoi elle est un des procédés qui nous plongent au cœur de la possibilité d’inventer dans le langage. Nous proposons de tenter, à partir d’une analyse de ce procédé, de dessiner la distinction entre trois concepts particulièrement proches et intriqués qui désignent le surgissement intellectuel de la nouveauté. Il s’agit des concepts de créativité, d’inventivité et d’ingéniosité. À partir d’une réflexion sur un des lieux de leur manifestation, le langage, dans son usage métaphorique, l’enjeu est de répartir les exigences propres de ces différents rapports à la nouveauté qui, tout en convergeant, restent distincts. Dans un article qui a fait date, « Metaphors », Max Black soulignait que cet usage du langage laisse place, pour le locuteur qui se saisirait des possibilités qu’il offre, à la liberté de prendre des initiatives d’ordre linguistique, et de faire apparaître, par les variations ainsi produites, l’inventivité qui est la sienne dans son maniement du langage. Les différentes traditions philosophiques, analytique comme continentale, par lesquels nous pourrions citer Goodman, Davidson, Searle, Rorty tout comme Blumenberg, Derrida ou Ricœur, ont apporté leur contribution propre à l’analyse de ce procédé dont vous interrogerons le rapport constitutif à la nouveauté.
Cette journée sera donc l’occasion de mettre en évidence, dans l'emploi de la métaphore, ces différents rapports de l’esprit à la nouveauté, qui demande créativité, inventivité et ingéniosité pour être saisie, et que nous entendons ressaisir dans leur déploiement même.

 

 

PROGRAMME

9h 15 Accueil des participants et présentation de la journée par Éric Marquer et Isabelle Pariente

Présidence Max Kistler

09h30 Isabelle Pariente (AMU) « Bricoler, innover, inventer »

10h15 Alexandre Declos (UniNe) « Un programme peut-il créer des métaphores ?»

Pause

11h15 Jocelyn Benoist (Paris 1) « De la métaphore au montage »

Présidence Sylvia Giocanti

14h30 Thibault Barrier (Paris 1) « Métaphore et ingéniosité chez Gracián »

15h15 Éric Marquer (Paris 1) « Le personnage de fiction comme métaphore »

16h00 Conclusion du colloque et discussion