Image de couverture
Colloque

Justice, héritage et famille

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR8103)
Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne

UCLouvain
Chaire Hoover d'éthique économique et sociale

 

Justice, Inheritance and the Family

14-15 octobre après-midis — October 14, 15 pm
1:30 pm – 6:00 pm (CEST)

Colloque en ligne — Online Conference
    
Pour s’inscrire — To register :
https://evento.univ-paris1.fr/survey/colloque-justice-her...-asxb1nr4

 

Argumentaire (English below) :

De récents travaux d’économistes font état d’un « retour de l’héritage » : la part du patrimoine hérité dans les richesses détenues par les membres des démocraties occidentales a retrouvé un niveau comparable à celui du 19ème siècle, favorisé par une baisse de la fiscalité successorale dans ces pays (voir T. Piketty, Le capital au 21e siècle, 2015). Si l’on adopte une perspective de justice sociale selon laquelle personne ne devrait être « avantagé ou désavantagé par l’intervention du hasard de la nature ou des circonstances sociales » (John Rawls, Théorie de la justice, §4), le fait que l’héritage soit une source de richesse attachée au hasard de la naissance et qu’il soit très inégalitairement réparti semble profondément injuste. Pourtant l’impôt successoral reste très impopulaire, et ce dans tous les milieux sociaux. La défense de l’héritage prend appui sur un attachement à la liberté de transmettre ses biens, notamment lorsqu’il s’agit de favoriser ses enfants.
L’hypothèse de travail du colloque est qu’une analyse du sens et de la fonction du lien familial dans les réflexions normatives sur l’héritage est nécessaire pour éclairer et tenter de résoudre les dilemmes normatifs posés par l’héritage et sa taxation. Si l’on envisage la famille comme le lieu de comportements vertueux tels que l’altruisme ou l’amour, et si l’on considère que l’héritage est un moyen d’encourager ces comportements, alors on comprend comment la défense de l’héritage (et de sa non-taxation) peut se revendiquer d’une défense de la famille. Mais si la famille est considérée comme ce qui limite l’égalité des chances (au sens large) alors une forte limitation des héritages semble justifiée pour éviter la reproduction intergénérationnelle des inégalités socio-économiques. L’égalité des chances et la promotion de la famille sont-elles donc incompatibles, et le débat sur l’héritage est-il seulement un symptôme de cette tension ? Ou pouvons-nous la dépasser ?
Le colloque a pour objet de contribuer à ouvrir de nouvelles pistes, tant conceptuelles que normatives, sur ce débat ancien, et ce à la lumière des développements récents en la matière. Pour ce faire, le workshop se veut interdisciplinaire, en cherchant à favoriser un dialogue entre philosophie politique et morale normative, et sciences sociales, historiques, économiques et juridiques.
 

The Theme :

 
Recent work by economists point at a comeback of inheritance: the share of inherited wealth in the wealth held by members of Western democracies has returned to a level comparable to that of the 19th century, encouraged by a reduction in inheritance taxation in these countries (see T. Piketty, Capital in the 21st Century, 2015). If one adopts a social justice perspective according to which “no one should be advantaged or disadvantaged by natural fortune or social circumstances” (John Rawls, Theory of Justice, §4), the fact that inheritance is a source of wealth attached to the chance of birth and that it is very unequally distributed seems profoundly unfair. Yet at the same time inheritance taxes remain highly unpopular, including the least well off. The defense of inheritance is based on an attachment to the freedom to transmit one's property, as a way of favouring one's children.
The working hypothesis of the conference is that an analysis of the meaning and function of the family bond in normative reflections on inheritance is necessary to shed light on and attempt to resolve the normative dilemmas posed by inheritance and its taxation. If we consider the family as the place of some of the virtuous behaviors such as altruism or love, and if we consider inheritance as a means of encouraging these behaviors, then we understand how the defense of inheritance (and its non-taxation) can claim to be a defense of the family. However, if the family is seen as what limits equality of opportunity (in a broad meaning), then a strong limitation of inheritance seems justified to avoid the crossgenerational reproduction of socio-economic inequalities. Are equal opportunities and the promotion of the family therefore incompatible, and is the debate on inheritance just a symptom of this general tension? Or are we able to go beyond that?
The purpose of the conference is to contribute to opening up new conceptual and normative avenues on this long-standing debate, in light of recent developments in the field. To this end, the conference is interdisciplinary, seeking to foster a dialogue between normative moral and political philosophy and social, historical, economic and legal sciences.

 

Programme – Program

[pdf-476ko]

 

Prog. Type de fichier : PDF Poids du fichier :
475 Ko
Affiche Type de fichier : PDF Poids du fichier :
406 Ko