Faire avec ou sans monde
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
UMR 8103 ISJPS
Animé par Jocelyn Benoist
Une fois par mois, le samedi de 10h30 à 12h30, en salle Lalande (sauf exception), 17, rue de la Sorbonne, escalier C, 1er étage
Le concept de monde fait partie de ceux sur lesquels une certaine critique de la métaphysique ou alternativement une certaine forme de déflation philosophique a pu attirer le soupçon. Et en effet, il y a de nombreuses raisons de se méfier d’une philosophie qui prétendrait nous donner le monde, on ne serait-ce que le restituer, comme s’il allait de soi qu’il y en avait un, et il y avait un sens à se placer du point de vue de celui qui sait quel il est. À une telle notion, on a pu en préférer d’autres, telles que celles de contexte, de situation ou de « champ de sens ». La question doit cependant être posée de savoir si ce localisme sémantique, ontologique, pragmatique — la question de sa juste caractérisation est un aspect du problème — suffit. Pouvons-nous réellement nous passer du monde ?
Cette question, métaphysique ou peut-être métamétaphysique, suivant les formules consacrées aujourd’hui, ne peut être posée dans une totale immunité par rapport à un souci bien réel qui traverse notre présent : celui résultant du sentiment d’une forme de perte du monde, englouti dans l’effondrement de ce qu’on appelait « mondialisation » qui n’en offrait qu’une parodie. Perte du monde comme quelque chose qu’il y aurait tout de même un sens à désirer, quels que soient les dangers évidents qu’il y eût à prétendre l’avoir trouvé. Cette question : celle du besoin du monde, ne contresigne pas seulement le déplacement du problème du terrain théorique ou métathéorique vers une réalité fondamentalement politique ; elle ne peut que venir inquiéter de l’intérieur les décisions, peut-être toujours trop rapides, prises par la philosophie quant à l’échelle à laquelle ses concepts viennent s’accrocher à la réalité.
Il faudra donc se demander une fois encore : que, sur les terrains épistémique, existentiel, sémantique, ontologique, esthétique, éthique et politique, voire métaphysique, s’il faut y entendre la conflation de toutes ces choses, pouvons-nous donc faire avec et sans monde ?
PROGRAMME
Samedi 26 septembre
Jocelyn Benoist (Paris 1, UMR 8103)
Avons-nous besoin du monde ?
Samedi 24 octobre
André Charrak (Paris 1, UMR 8103)
Sur le monde à l’époque moderne : le mythe sous les hypothèses
Samedi 28 novembre
Carola Barbero (Université de Turin)
L’art difficile d’avoir un monde
Samedi 30 janvier
Claire Etchegaray (Paris Nanterre)
Monde perçu et environnement chez James Gibson
Samedi 27 février
Pierre Singaravélou (Paris 1) :
Le monde comme catégorie de l'entendement historique : retour d'expérience
Samedi 13 mars
Souleymane Bachir Diagne (Université Columbia) :
Mondialité, humanité
Samedi 24 avril
Yotetsu Tonaki (Université Rikkyo) :
Penser le sens du monde dans une perspective comparative entre les pensées occidentale et japonaise
Samedi 29 mai
Philippe Descola (Collège de France) :
Un monde, des mondes ?