Borges et la métaphysique
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre d’histoire des philosophies modernes de la Sorbonne (HIPHIMO)
Organisation
Éric Marquer (HIPHIMO)
Andrés Rivera Arizabaleta (GRAMATA)
Alexandra Peralta (GRAMATA)
Luz Ascarate (EXeCO, PhiCo - ISJPS)
Jorge Luis Borges occupe une place majeure dans la littérature hispanophone. Mais à quel titre son œuvre peut-elle devenir l’objet d’une interrogation proprement philosophique ? Notre hypothèse est que, loin de se réduire à sa dimension littéraire, l’œuvre de Borges déploie une pensée qui, sans prétendre établir des vérités sur le monde, ouvre un espace de réflexion sur la structure métaphysique du réel. C’est précisément dans cette absence de prétention à la vérité propre à la fiction que pourrait résider sa fécondité philosophique.
Certes, Borges n’a jamais prétendu faire œuvre de philosophe. Cependant, la nouvelle et la poésie se révèlent être des lieux propices à la réflexion philosophique, et plus précisément, la fiction apparaît comme un outil plus efficace que la réalité elle-même pour mettre à l’épreuve des thèses métaphysiques. Par le moyen d’expériences de pensée, les thèses métaphysiques sont portées jusqu’à dans leurs plus profondes contradictions. L’hypermnésie de Funès permet d’interroger la nature de la perception et les limites du langage (« Funes el Memorioso »). Dans « El Aleph », il donne à voir une esquisse de l’infini en imaginant un point de l’univers où convergent tous les autres points.
Enfin, il est indéniable que Jorge Luis Borges était un lecteur passionné de métaphysique. L’idéalisme de Berkeley occupe une place centrale dans Fervor de Buenos Aires, son premier recueil de poèmes. Non seulement les références à Hume, à Leibniz, à Schopenhauer et à Spinoza abondent dans son œuvre, mais il fait encore preuve d’une connaissance et d’un réel intérêt pour les débats scolastiques et modernes au sujet du temps, de l’infini, de la liberté ou du langage. L’objectif de cette journée d’étude n’est autre que de penser avec Borges ce que, par la fiction et la poésie, il donne à penser.
Programme
09h00 Accueil et introduction de la Journée par Andrés Rivera Arizabaleta (GRAMATA)
09h30 Éric Marquer (HIPHIMO), « Borges et la question de l’expérience »
10h20 Dylan Sroussi (EXeCO, PhiCo - ISJPS), « L’aveugle et le Bien. Élucidation d’un concept métaphysique de cécité dans “La ceguera” de Borges »
11h10 pause café
11h20 Santiago Bellocq (ENS-PSL), « Courber la ligne : virtualité, destin et multiplicité intensive dans l’expérience différentielle du temps et du labyrinthe chez Borges »
12h10 Justine Prince (Centre Victor Basch, Sorbonne Université), « Suggérer l’infini dans une forme finie : le labyrinthe comme signe du rapport paradoxal de Borges à la métaphysique »
13h00 pause déjeuner
15h00 Raphaël Pierrès (HIPHIMO), « Borges et Babel »
15h50 Jim Gabaret (EXeCO, PhiCo - ISJPS), « Les mondes sans objet de Francis Wolff et de Jorge Luis Borges »
16h40 pause café
16h50 Luz Ascarate (EXeCO, PhiCo - ISJPS), « Les deux ordres. Sur la réalité et son expression chez Borges et Benjamin »